Visite de notre sénatrice, anciennement ministre des Français de l’étranger, Hélène Conway-Mouret à KYOTO. Situation et problèmes spécifiques de l’Institut Français du Japon Kansai/Kyoto et du Lycée Français de Kyoto

J’ai eu le plaisir d’accompagner aujourd’hui notre sénatrice Madame Hélène Conway-Mouret à l’Institut Français du Japon Kansai/Kyoto et au Lycée français de Kyoto, où elle a eu des échanges fructueux et ouverts avec divers responsables du secteur et plusieurs acteurs culturels et administratifs.

*** L’Institut Français du Japon Kansai/Kyoto est le fruit d’une longue et riche histoire qui montre une fois de plus à quel point l’implantation de la culture et de la langue françaises au Japon s’inscrit dans le temps, puisque ce prestigieux établissement a été créé en 1927 par Paul Claudel, alors ambassadeur de France au Japon. En même temps qu’il abrite le Consulat général de Kyôto, l’Institut Français a absorbé l’Alliance Française il y a 2 ans.

L’Institut Français propose aujourd’hui une panoplie assez époustouflante d’activités qui s’échelonnent au long des saisons : Nuit Blanche (cette année du 3 au 4 octobre), devenue depuis 5 ans LE grand événement culturel de la ville de Kyoto, qui s’accompagne en 2015 d’expositions pendant tout un mois sur 38 lieux différents et qui attend quelque 20.000 visiteurs (13.000 en 2014) ; Académie de Musique, qui accueille une douzaine de professeurs (instruments et chant) venant de Paris pendant 2 semaines à la fin mars et qui inclut un partenariat avec l’école de musique Alfred Cortot etc.

Sur le plan pédagogique, outre les cours de langue et de civilisation, il existe de nombreux ateliers au nombre desquels ceux dédiés à la gastronomie rencontrent toujours beaucoup de succès ; par ailleurs, une formation d’enseignants japonais aux certifications de langue française a été mise en place. Cependant, comme partout au Japon, le nombre d’apprenants de français est en baisse.

Les responsables de l’Institut ont soulevé avec Madame Conway-Mouret le difficile problème des « CDI-sations » d’office des enseignants après 5 ans de vacations continues qui, au lieu d’entraîner des titularisations en masse, conduisent au contraire à terminer les contrats au bout de 5 ans pour une durée de 6 mois afin de ne pas titulariser les vacataires. Sont actuellement employés à l’Institut Français 3 professeurs mensualisés, 35 professeurs vacataires et 15 vacataires « autres » (dont 6 au Café de l’Institut). Ce problème concerne donc en principe une cinquantaine de personnes.

*** Le Lycée français de Kyoto, fort d’une centaine d’élèves (de la maternelle à la terminale — avec une seule élève de terminale cette année) et géré par les parents d’élèves regroupés au sein d’une association, l’APEK (Association des parents d’élèves du Kansai), est actuellement installé dans une école japonaise désaffectée, dans un quartier un peu excentré de la ville.Cette structure a une longue histoire et se bat avec persistance  pour survivre et se développer. L’augmentation récente des effectifs laisse espérer que le prochain déménagement de l’école vers d’autres salles de classe désaffectées d’un établissement japonais géographiquement mieux situé permettra d’accueillir de nouveaux élèves francophones. Ce déménagement est imminent et s’ il reste impossible de faire des prévisions sur le long terme, il sera toutefois plus facile de disposer d’autres salles de classe dans ce nouvel établissement prêté par la mairie de Kyoto si nécessaire.

Le petit nombre d’élèves du Lycée français de Kyoto n’a pas permis jusqu’à présent d’employer un ou plusieurs enseignants résidents, dont la présence garantirait la stabilité de l’enseignement. Actuellement, les enseignants sont des TNR (Titulaires non résidents) que leur statut n’encourage pas à rester longtemps au même endroit, puisqu’ils n’ont aucune perspective de carrière. (Pour information, se reporter à http://www.hdf.snes.edu/spip.php?rubrique106 « Personnels en recrutement local », page du SNES fsu Hors de France). Hélène Conway-Mouret recommande de persister à demander au moins un poste de professeur résident à l’AEFE (Agence pour l’enseignement Français à l’étranger, rattachée au Ministère des Affaires étrangères), même si les contraintes horaires ne semblent pas justifier pour l’instant la présence d’un enseignant résident, car c’est à ce prix que le Lycée pourra évoluer.

L’enseignement au Lycée français de Kyoto repose en grande partie sur les cours du CNED et les enseignants TNR doivent suivre simultanément plusieurs élèves de niveaux différents. Le coût des cours du CNED a considérablement augmenté ces dernières années et les cours ne sont qu’imparfaitement numérisés. Obtenir des remises est donc vital pour cet établissement modeste. Notre sénatrice interviendra auprès du directeur du CNED pour discuter de ce problème et garantir une remise permanente. Je rappelle que le sénateur des Français de l’étranger Richard Yung, la députée Pascale Got, présidente du groupe d’amitié France-Japon et mon prédécesseur au Conseil consulaire Matthieu Séguéla sont intervenus auprès du CNED pour demander des baisses du prix des prestations au profit du Lycée français de Kyoto.

Même si les frais d’écolage (frais de scolarité) sont inférieurs à ceux pratiqués à Tokyo, ils s’élèvent quand même à 5 à 6000 euros par an, plus environ 900 euros pour le CNED. Les familles demandeuses de bourses sont de ce fait, très logiquement, nombreuses.

Notre sénatrice a évoqué la possibilité d’organiser un programme FLAM (Français langue maternelle, programme subventionné pendant 5 ans) pour encourager les enfants de familles francophones ou mixtes de la ville proche de Kobe à se perfectionner en français ou à maintenir leur niveau de langue, afin de susciter chez eux l’envie d’être scolarisés au Lycée de Kyoto le jour où ils sont assez grands pour faire seuls les déplacements en train entre les deux villes (compter une heure de transport).

Enfin, il a été rappelé que lors de la visite de la sénatrice Claudine Lepage en avril, celle-ci avait promis l’achat de tablettes pour tous les élèves sur sa réserve parlementaire pour une valeur de 5000 euros. C’est maintenant chose faite, et l’équipe du Lycée a exprimé sa vive reconnaissance.

*** Ces échanges, que je n’ai fait que résumer, ont été francs et nourris. Ils m’ont permis de prendre date pour des contacts ultérieurs avec les équipes, que je continuerai à soutenir et représenter auprès des services compétents et des élus en France. Je tiens à remercier vivement nos interlocuteurs de l’Institut Français du Japon Kansai/Kyoto d’une part, et ceux du Lycée de Kyôto d’autre part : Emmanuel Resbeut, chef d’établissement, Elisabeth Etienne, chef des services administratifs et financiers, Mathieu Lecacheur, président du conseil d’administration de l’APEK (Association des parents d’élèves du Kansai), Sae Cardonnel (Conseil d’Administration de l’APEK). Je remercie également le Consul général de Kyoto, Charles-Henri Brosseau, qui nous a accompagnées toute la journée.

*** Etait également présent Matthieu Séguéla, délégué général du Souvenir Français – Japon, association reconnue d’utilité publique.

(Lien vers le site de l’APEK : http://lfkyoto.org/apek/ )

Publié dans Campagne
Solidaires au Japon

Site du  Conseiller consulaire « Solidaires au Japon » François Roussel et de son équipe.

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