Célébration du premier anniversaire de l’OLES

L’OLES Japon (Organisme Local d’Entraide et de Solidarité au Japon) vient de célébrer son premier anniversaire  à la Résidence de l’ambassade de France à Tokyo, à l’invitation de notre ambassadeur Thierry Dana.
L’OLES, né le 11 mars 2015, fruit de la collaboration entre 16 associations françaises au Japon, le Consulat de France et nos élus, fait un travail formidable d’accompagnement des personnes de notre communauté en difficulté. Cet accompagnement se manifeste de multiples façons et l’OLES a besoin de l’aide de tous pour pouvoir poursuivre son oeuvre sur le long terme.
Ci-dessous, le beau discours de son président, Yves Alemany, résume parfaitement tout ce qu’il vous faut savoir sur les actions inappréciables de solidarité et de soutien moral et matériel de l’OLES.
Merci de rendre visite à l’OLES sur sa page et, si vous le voulez bien, de contribuer à soutenir son existence : olesjapon.org (adhésion individuelle : 1000 yens / an)

(Photo : de gauche à droite, au 1er rang : Me Ayano Kanezuka, secrétaire générale, Thierry Consigny, conseiller consulaire,  Catherine Salducci, trésorière, Janick Magne, conseillère consulaire, Corentin Faiche, vice-consul. Au 2ème rang : Matthieu Séguéla, ancien conseiller consulaire, François Roussel vice-président, Yves Alemany, président, Jean-Jacques Pothier, consul)

Discours d’Yves Alemany, président,  à l’occasion du premier anniversaire de l’OLES le 11 mars 2016, publié sur  olesjapon.org :

Aujourd’hui 11 mars est avant tout un jour de mémoire et de commémoration.
Nous ne devons pas oublier le 11 mars 2011 et ceux, parmi nous, qui étaient alors présents au Japon ne pourront jamais oublier lorsque la terre du Tohoku a été brutalement secouée à 14h46 et la violence inhabituelle de la secousse ressentie jusqu’à Tokyo. Ensuite nous avons basculé dans la tragédie du tsunami et de la catastrophe radioactive de la centrale de Fukushima. En quelques minutes nous venions de connaître l’un des pires scenarios catastrophe de l’âge industriel.

Cette épreuve avait aussi ébranlé l’unité de la communauté française, il y avait ceux qui voulaient quitter le pays au plus vite et ceux qui avaient choisi de rester. Chacun a vécu ces événements à sa manière et en faisant les choix qui lui parurent justes en raison de sa propre réflexion par rapport à la nature du drame et de sa situation familiale. Une situation de crise aussi extrême doit pousser à l’éveil de la conscience collective afin de promouvoir plus de solidarité pour lutter collectivement contre les aléas du destin, telle est la leçon que la communauté française du Japon devait tirer des événements du 11 mars 2011.

Solidarité et Fraternité toutes les sensibilités de la communauté française s’étaient regroupées et associées dans un grand mouvement d’effort collectif comme les Français savent le faire et oublier leurs clivages en période de crise. Jamais la vie associative n’a eu autant de sens qu’en ces moments tragiques, jamais nos compatriotes n’avaient autant fédéré leurs efforts grâce à cet engagement solidaire des Français auprès du Japon en temps de crise.

Aujourd’hui, cinq années plus tard, la confiance revenue et la croissance économique repartie, les Français sont aussi revenus en force et le développement de la présence française a connu un bond en avant considérable. Les échanges se multiplient, les chances d’élargir la présence française et son rayonnement aussi, cependant parallèlement à ces nouvelles opportunités il y a aussi des risques accrus. On ne peut pas vouloir encourager l’entrepreneuriat, favoriser la venue au Japon de jeunes, et de moins jeunes aussi, pour venir se former et devenir à leur tour de futurs relais de croissance économique et culturelle sans écarter le facteur risque et ignorer les aléas de la vie.

L’échec n’est pas un crime quand on a tout tenté sérieusement et méthodiquement pour s’établir et réussir au Japon, on doit considérer que cela peut faire partie de l’apprentissage et même devenir valorisant, ce qui, par contre, serait une honte de la part d’une communauté française globalement confortablement établie serait de ne pas savoir tendre la main pour aider à se relever ceux qui sont tombés de façon méritante.

L’expatriation a considérablement évolué, elle est devenue économiquement et socialement beaucoup plus diversifiée et c’est un grand progrès. Si les Français du Japon ont su se regrouper en temps de crise pour agir, l’effort de solidarité doit aussi se poursuivre lorsque la confiance est revenue. Nous devons aussi penser, « en temps normal », la crise n’étant qu’un état passager exceptionnel, à exercer notre solidarité entre Français ; le rayonnement de la France en dépend. Il n’y a pas de jugement théorique ou idéologique à cela, la présence française au Japon sera d’autant plus forte qu’elle sera plus solidaire et que les Français du Japon se reconnaîtront dans une communauté de destin. Ne l’oublions jamais, il n’y a pas réellement de communauté vivante et unie s’il n’y a pas une base d’entraide et de solidarité solide et féconde.

Le Consulat de France est particulièrement vigilant et actif mais, comme cela a été rappelé, il ne pouvait plus agir uniquement seul en particulier en raison de la réduction des moyens financiers qui lui sont alloués. Un relais devait être trouvé qui engagerait toutes les forces vives représentatives de la communauté française du Japon. La base de la « conscience sociale collective » d’une communauté est représentée par sa vie associative dans sa richesse et sa diversité. Il était donc évident que le relais exécutif normal et naturel de l’action sociale du Consulat devait venir de la part des associations françaises. Ainsi à l’initiative de l’Ambassade de France et avec le concours des Conseillers Consulaires élus, 16 associations représentatives de la vie et des activités de la communauté française du Japon dans toute sa pluralité et la richesse de sa diversite ont réussi à fraterniser et sont devenues membres fondateurs de l’OLES Japon.

Je salue et remercie très sincèrement les présidentes et les présidents de ces associations ici présents ce soir à la Résidence de France à l’occasion du premier anniversaire de la fondation de l’OLES Japon et je les félicite d’avoir cru à l’OLES qui aujourd’hui est une très belle réalité dont la conscience collective de la communauté française du Japon peut être vraiment fière. Il ne peut évidemment exister aucune compétition entre nos associations lorsqu’il s’agit d’exercer notre solidarité à l’égard des plus faibles et des plus démunis d’entre nous. La belle expression « l’union fait la force » n’a jamais été autant d’actualité dans un monde où l’on préfère généralement accentuer les clivages. Je rappellerai que l’OLES-Japon est à la fois « solidaires au Japon » et « unis pour les Français du Japon » et qu’elle s’engage à respecter la diversité démocratique et républicaine de notre communauté.

Un premier constat après une première année d’exercice de l’OLES Japon :
L’action de l’OLES par essence est discrète puisque nous agissons dans des cas critiques et douloureux de détresse humaine pour lesquels on se doit de respecter un devoir de réserve. Comme nous l’avons déjà dit contrairement au mal « le bien ne fait pas de bruit ». Nous avons tout de même découvert que dans une communauté schématiquement plutôt représentée par la réussite économique et le confort social qui l’accompagne il y avait dans cette communauté des Français qui peinent, de vrais cas de détresse économique, de souffrance morale, de solitude de la part de personnes oubliées, de personnes en rupture psychologique, inévitablement encore de nombreux cas de conflits parentaux.

Les cas de détresse et d’appels à l’aide sont nombreux. Depuis un an l’OLES Japon s’est déjà occupé de 21 cas, ces personnes sont venues vers nous et nous sommes aussi allés à leur rencontre. Ces appels à l’aide sont loin d’être tous financiers et souvent ils peuvent trouver une solution grâce à beaucoup d’écoute, des conseils pertinents, et à un accompagnement moral. Quelques exemples concrets, en liaison avec les services du Consulat toujours très efficaces. L’OLES a participé à plusieurs rapatriements sanitaires dont une personne dont le diagnostic vital était sérieusement engagé, nous avons rendu visite à l’hôpital plusieurs fois par semaine pendant deux mois à un Français en fin de vie complètement isolé et sans ressources, nous avons participé à ses funérailles et assuré une liaison humaine avec ses parents en France trop âgés et eux aussi trop démunis pour venir au Japon au chevet de leur fils, plusieurs cas de conflits parentaux dont l’un particulièrement tragique d’une jeune femme française victime de violences conjugales qui s’est retrouvée à la rue avec deux très jeunes enfants, plusieurs cas de « burn out » nécessitant une mobilisation extrêmement vigilante pour éviter un acte fatal de desespoir… Je peux vous assurer que tous ces cas sont des cas extrêmement graves et réellement sérieux, on ne parle pas ici d’assistanat usurpé, comme certains voulaient le craindre, nous sommes extrêmement vigilants sur les engagements financiers dont nous vous rendrons compte lors de notre Assemblée Générale le 4 Juin prochain.

Tout cela vous pouvez l’imaginer et vous le comprenez facilement nécessite une très grande disponibilité et une mobilisation quasi quotidiennes. L’OLES Japon ne fonctionne qu’avec des bénévoles qui sont principalement les membres du Bureau exécutif et auquel, si vous le permettez je souhaite rendre nommément hommage car ils le méritent vraiment : tout d’abord, nos deux vice présidents qui représentent chacun d’entre eux les deux associations d’utilité publique représentatives des Français de l’étranger : l’ADFE-Français du monde et l’UFE : François Roussel et Michel Lachaussée, notre Secrétaire Générale Maître Ayano Kanezuka et notre Trésorière Catherine Salducci. De convictions et d’engagements représentant la diversité d’opinions de notre communauté cette équipe travaille ensemble de façon parfaitement harmonieuse dans l’intérêt de toute la communauté française du Japon, Japon de l’est comme Japon de l’ouest.

Je souhaiterais encore ajouter quelques remerciements nominatifs. Tout d’abord à Monsieur l’Ambassadeur qui nous accueille ce soir à la Résidence de France pour son soutien permanent à l’OLES Japon, à son Ministre Conseiller Paul Bertrand Barets, à notre Consul Jean-Jacques Pothier pour son amitié et dont l’appui et les conseils sont toujours extrêmement pertinents, ainsi qu’à Corentin Faiche, vice consul. Je voudrais encore ajouter une mention spéciale pour le Docteur Claudine Bliah qui a apporté régulièrement et bénévolement conseils et expertise médicale, Raphaël Mazoyer qui a conçu bénévolement le site web de l’OLES, Tomoko Toyama qui a fait de nombreuses traductions, également bénévolement. Je remercie nos Conseillères et Conseillers Consulaires élus, anciens et présents, pour leur soutien, avec une mention toute spéciale, à titre personnel, pour Janick Magne pour le soutien logistique qu’elle a apporté en offrant depuis plusieurs mois l’hébergement au cas sensible que j’ai mentionné précédemment. Je remercie les administrateurs de l’OLES ainsi que notre Comissaire aux Comptes pour leurs avis et conseils pertinents. Je serais bien ingrat si j’oubliais de remercier nos parlementaires représentant les Francais établis hors de France de toutes sensibilités politiques qui, sur leurs réserves parlementaires, ont contribué initialement à abonder notre fonds de solidarité.

Cependant c’est à nos Membres Bienfaiteurs et à nos adhérents que vont tout spécialement ma considération et mes remerciements car la légitimité et la crédibilité de l’OLES Japon dépend avant tout de leur nombre, aujourd’hui il y a 200 adhérents individuels, c’est déjà significatif mais ce n’est pas encore suffisamment à la hauteur de ce que devrait représenter l’élan collectif de solidarité de la communauté française du Japon. Vaincre l’individualisme de chacun n’est pas facile, pour y parvenir nous avons besoin que chacun d’entre vous se mobilise, comme je l’ai déjà indiqué l’objectif demeure 1000 adhésions soit 10% de l’effectif de la communauté française du Japon. Cela devrait tout de même être un objectif raisonnable quand on parle de rassembler les Français du Japon autour d’un programme collectif d’entraide et de solidarité au niveau de l’ensemble de la communauté française surtout lorsque la cotisation se situe au niveau symbolique de 1000 yens ! Nous l’avions dit il y a déjà un an lors de la cérémonie inaugurale que l’OLES était un grand défi pour la communauté française du Japon, cela le reste donc !

Donner une nouvelle vitalité, vaincre l’individualisme, apaiser les différences, promouvoir une communauté qui soit un espace de vie dans lequel la prédominance des valeurs humaines soit la composante qui nourrit la motivation de tous à vivre ensemble avec une vision collective d’un même destin voilà ce qui doit tous continuer à nous mobiliser. Merci de votre soutien.

Yves Alemany
Président OLES-Japon

Publié dans Evénements
Solidaires au Japon
Site du conseiller consulaire "Solidaires au Japon" Alexandre Joly et de son équipe.
Contact
%d blogueurs aiment cette page :